Lors de l’atelier d’écriture ✒en visio 💻de février, nous avons mis à l’honneur la correspondance et j’ai souhaité rendre hommage à Joëlle Brière autrice et éditrice de La Renarde Rouge qui nous a récemment quittés.
Son recueil « Lettres sous silences » a été le fil rouge.
Voici quelques lettres partagées par les écrivant-e-s à un enfant pour sa vie future.







ATELIER EN VISIO DU 12 03 « Poésie » écrit sur le principe de la Vague (12/10/8/6/4/2/2/4/6/8/10/12 Rimes 12 et 12, 10 et 10, 8 et 8 etc)
Le poète rêve de rimes qu’on ne voit plus
Le poème dit des mots qu’on ne dit plus
Je les ai tous mis dans mon sac
J’ai suivi le sentier
Le cœur léger
Magie
En vie
L’espoir rêvé
J’étais un jouailler
Les mots se retrouvent en vrac
Le poème ne dit plus les mots perdus
Le poète se dit que sa vie ne rime plus
Lettre à un enfant qui sera grand demain Visio du 24 02
Marie,
Je préfère t’écrire tellement ton attitude m’a profondément agacée. Tu te prends pour qui ? Tu penses sincèrement qu’on peut attraper un arc en ciel, lui faire un câlin, et pourquoi pas une balade dans l’azur au parfum de jasmin. C’est comme cela que tu vois ton avenir et ton entrée dans la vie d’adulte ? Je ne pensais pas que tu étais aussi terre à terre. Tu n’as aucune ambition, aucune poésie, aucune imagination.
Comment peux tu croire qu’on attrape un arc en ciel. Jusqu’alors, en te voyant courir quand j’apparaissais, j’avais beaucoup d’espoir. Je suis la mal aimée : il paraît que je rends les hommes tristes . Pourtant je m’évertue à faire briller les feuilles, les fleurs, à créér des miroirs éphémères . Quelle ingratitude : on a tant besoin de moi. Toi , tu étais différente : tu m’aimais, ce qui est rare à mon égard. Quand je te voyais mettre tes petites bottes rouges , ton ciré jaune avec des ronds rouges, je me disais « ma petite coccinelle va bien s’amuser ». Et cela me réjouissait . Mais c’était compter sans le soleil . C’est à cause de lui que tu as changé. Dès que le premier arc en ciel est apparu, tu n’as plus fait attention à moi . Au lieu de courir comme à ton habitude , de t’admirer dans les miroirs éphémères, d’offrir ton visage au ciel , tu t’es arrêtée et tu n’as plus bougé . Ça m’a fait mal , très mal tu sais. Depuis tu n’es plus la même, tu ne t’intéresses plus à moi . Enfin si encore un peu car tu sais que l’arc en ciel a besoin de moi et du soleil, bien sûr . Tu es ingrate, prétentieuse. J’avais tant misé sur toi. Je me disais : au moins quelqu’un qui me comprend, qui m’aime comme je suis. Hier, quand la maîtresse t’a demandé d’écrire ce que tu voulais faire plus tard, ces mots : « attraper un arc en ciel » m’ont fait pleurer de colère Et c’est pour ça que depuis quelques jours ça déborde de partout.
Honte à toi
La pluie