Quand les souvenirs des unes font écho à ceux des autres, les voilà réveillés et prêts à se glisser dans le récit de vie en construction d’ateliers en ateliers. Les déclencheurs d’écriture proposés et inspirés de récits publiés notamment permettent d’explorer son histoire de vie, d’aller sur les sentiers de ses souvenirs pour raconter autre chose que l’histoire dominante parfois définie par notre entourage. Combien de fois ai-je entendu : « ici je livre des choses dont je n’ai jamais parlées » et ce ne sont pas des secrets, juste des moments de nos quotidiens que l’on trouve « banals » ou « sans intérêt » ou parfois « que l’entourage ne veut pas entendre » « ça ne les intéresse pas ». D’ateliers en ateliers durant deux cycles, les résidentes de l’Orangerie de Domitys et des lectrices de la médiathèque de la Ruche à Sens se sont rencontrées pour écrire leur récit de vie, rencontres intergénérationnelles, interculturelles… Beaucoup d’émotions partagées, des liens qui se créent, des plumes qui s’allègent. Plusieurs écrivantes poursuivent en dehors des ateliers, partagent avec leur famille. Lors du dernier atelier début juillet, j’ai eu la grande surprise de recevoir un bouquet et un abécédaire complété de mots de remerciements et d’encouragements. Très touchée par ces retours, j’ai mesuré les bienfaits de participer à un atelier quand la vie a pu être compliquée, la mémoire commence un peu à défaillir, la solitude liée à l’immobilité du corps s’accentue. Des témoignages qui illustrent la verticalité que donne l’écriture de soi. Merci à Séverine Maupetit de Dominitys et Fabienne Boyer de la Ruche d’avoir initié ce projet et m’avoir proposé de le conduire. Bravo pour ce co-financement public-privé. Le projet lancé, les participantes souhaitent en grande partie poursuivre en financement elles-même pour mettre prochainement un point final à leur récit de vie. On reprend à l’automne.
