Nul besoin d’être octogénaire pour écrire son récit dé vie, le dernier groupe que je viens d’accompagner accueillait une jeune trentenaire. Vivre la démarche histoire de vie, c’est revisiter son passé, « faire de sa vie une histoire » comme le dit Alex Lainé, docteur en sciences de l’éducation, prendre de la distance, se projeter dans le futur. Et oui, la démarche histoire de vie explore les trois temporalités : passé, présent, futur. Tout se passe dans ce cadre secure avec la co-construction du contrat pour permettre à chacun-e d’évoluer en toute confiance. Le groupe est une chambre d’échos de son histoire et l’écoute des autres participants permet d’ouvrir des perspectives dans sa propre histoire, chaque parcours de vie individuel a de l’universel. J’ai eu la chance, le plaisir… de vivre cette démarche Histoires de Vie en Formation dans le cadre du DU HIVIF de l’Université de Tours et suis heureuse aujourd’hui de vous le proposer. Voilà trois groupes déjà accompagnés depuis l’an dernier, un est en cours dans le cadre de l’Université pour Tous de Sens « J’écris mon patrimoine familial » et je vous en propose deux pour début 2022 : Démarrage le lundi 17 janvier à 18h à la Couleur des Mots à Sens et le mercredi 23 mars au Repaire de Beaumont. 6 ateliers toutes les trois semaines environ, 25 euros l’atelier, engagement sur le cycle complet. N’hésitez pas à m’envoyer un message pour avoir plus d’informations et vous inscrire (2 places sont encore disponibles à Sens) : corinne.mazuir@ateliersdesmots.fr Voici quelques partages des participants : (inspirés de la chanson Ici et Maintenant de Sarah Lorient). Ici et maintenant, c’est une parenthèse de deux heures avant la reprise du quotidien : manger, me doucher, penser à ci, faire ça pour être prête demain matin. Ici et maintenant, c’est me concentrer sur une seule activité. C’est mettre de côté le reste. C’est pouvoir décrocher. Ici et maintenant, je suis contente d’être là. D’avoir fait quelque chose pour moi durant chacun des ateliers d’écriture. Ici et maintenant, c’est une parenthèse « plaisir ». L. Ici et maintenant ICI c’est une parenthèse du quotidien, Moment qui m’appartient. Je vide mon fardeau devant la porte Et j’absorbe en entrant. Je revis le passé. Moments joyeux et d’autres moins. ET je suis bien. MAINTENANT essayer de vivre chaque moment. Ne retenir que l’essentiel. M’écouter davantage. ET écrire plus encore… M. Je suis ici, ce 6 décembre 2021, avec celles que je pense pouvoir nommer « mes Amies », pour écrire la dernière partie de ce que nous appelons « Notre Récit de Vie » et… je vais vous avouer mes Amies, que je suis ravie d’avoir pû partager avec vous cette occasion de mettre en mots quelques pensées intimes de ma « déjà longue vie »… Je n’oublierai pas ces instants privilégiés et les suggestions si avisées de notre Chère Corinne. Merci, car aujourd’hui, je peux dire que JE positive sur le présent et même sur mon Avenir C. Ici et maintenant je savoure ce instant comme s’il était le dernier. Le passé est un formidable levier d’apprentissage, mais le passé reste le passé. Il a servi contre vents et marées ma joyeuse vie actuelle, il est là mais plus là. Le présent est rempli d’allégresse et de lumière, le passé en est le moteur. Il me sert encore et encore à savourer chaque instant de ma vie actuelle les douleurs, les peines,les deuils sont là pour nous élever l’âme Je me sens éclairée, illuminée de tout ce que j’ai appris. Ici et maintenant me porte vers un avenir radieux, un chemin rempli de bienveillance et d’amour,j’aime et j’aime qu’on m’aime,ce mouvement me comble de joie et j’ai l’immense arrogance de penser que cela durera longtemps. Merci Corinne pour ces merveilleux partages. S.
Le blues donne envie d’écrire
Voici l‘article de l’Yonne Républicaine de jeudi 02 décembre sur l’atelier d’écriture inédit et expérimental organisé en collaboration avec l’écrivaine Cécile Huguenin.
Des ateliers avec un air de blues
L’association 606 Reed&Blues fête ses 10 ans. Une association auprès de laquelle je passe de doux moments et des voyages musicaux fabuleux. C’est donc avec un immense plaisir que j’anime un atelier d’écriture à la médiathèque JC Rufin le samedi 04 décembre en présence de l’autrice Cécile Huguenin : morceaux musicaux et gravures de Lucas Boirat seront des déclencheurs. Le samedi suivant, Cécile Huguenin partagera son expérience d’écriture de la semaine de résidence avec les fragments glanés durant l’atelier. Un temps d’échange permettra d’approcher son processus d’écriture et de découvrir son dernier recueil de nouvelles « Les imprévisibles » aux éditions « Les oiseaux du passage ».
En cascades
L’inspiration pour écrire un texte peut provenir de multiples sources : une expérience vécue, une observation de ce qui nous entoure, notre esprit qui divague… et les œuvres existantes. En atelier d’écriture, les textes littéraires sont un des piliers pour déclencher l’écriture. En voici un bel exemple ! Lors du dernier atelier d’écriture « Plaisir de mots » en visioconférence avec Happyvisio, j’ai proposé un extrait de Roses&Blues de Cécile Huguenin. A soufflé. A beaucoup soufflé. Beaucoup aspiré. Adouci ses lèvres. Assoupli sa langue, fait claquer ses dents. Déployé l’agilité de ses doigts. A beaucoup regardé le Vieux. Beaucoup écouté. Collé à ses flancs comme un agneau nouveau-né pour ne rien perdre de ses vibrations. Tous les sens en éveil, il répétait ses airs. A l’issue de l’atelier, voici le texte de Jacques : Cordes chantantes A égrené l’arpège sur les cordes. A percuté la table d’harmonie d’un doigt. A posé les doigts sur les cases formées par les cordes et les barrettes. S’est penché sur le trou de la rosace. A écouté l’écho de sa voix. Ses doigts ont glissé sur les cordes, ont répété la mélodie. Ses pieds ont accompagné le rythme. La danse s’est emparée des talons de ses chaussures devenus instruments de percussion. Ses lèvres ont modulé des airs ancestraux relayés par les voix innombrables qui peuplent encore la nuit des temps. D’un mouvement sec, le silence est advenu. Elle a serré sa guitare contre elle et s’est endormie pour poursuivre le rêve. Touchée par l’écho au texte support de l’atelier, je l’adresse à Cécile Huguenin qui me partage son inspiration pour ce texte avec l’œuvre du poète suisse Charles-Ferdinand Ramuz, notamment d’un passage scandé pour un texte « Histoire d’un soldat » destiné d’abord au théâtre puis utilisé comme livret pour un opéra mis en musique par Strawinsky. C’est le refrain qui commence par » A marché, a beaucoup marché… » Mais pour lui, y-a-t-il eu un texte inspirateur ?
Poème autodaté en récit de vie
Lors d’un atelier d’écriture récit de vie, j’ai envie les participants en guise de bilan à composer leur poème autodaté (inventé par Benoit Richter) avec leur date de naissance. Les jeux d’écriture ont leur place aussi dans les ateliers récit de vie. Le principe : C’est un poème de 8 vers, (puisque dans notre espace-temps la date du jour comporte en général 8 chiffres, aujourd’hui, par exemple : 12 02 2012), dont chaque vers est compté en nombre de mots selon la ligne. (Zéro mot verra un saut de ligne). 0.. 9.. J’écoute Corinne avec grand intérêt car elle m’apprend beaucoup 1.. de 2.. choses pour 1.. m’aider 9.. à reprendre le cours de ma vie, surtout aujourd’hui 4..évoquant ma prime enfance 3..et mon adolescence
Citations hebdomadaires
Depuis plusieurs années, je collecte des citations au fil de mes lectures sur l’écriture. Depuis quelques mois je les poste sur mon compte instagram chaque vendredi ! En voici quelques unes :
C’est la rentrée !
Une petite pluie fine accompagne ce début de semaine de rentrée ! L’ambiance est là… Le soleil va encore nous accompagner et permettre d’écrire samedi 04 septembre au parc de la Ballastière. Inscription. Les ateliers réguliers au foyer des Courlis, à l’EHPAD Villa d’Azon reprennent. Membres du réseau HappyVisio retrouvez-moi le mardi 21 septembre ! Les ateliers mensuels au local la Couleur des mots reprennent le lundi 20 septembre, le groupe d’écriture récit de vie ce lundi 05 septembre et le prochain atelier en visio est le mercredi 29 septembre. Je vais reprendre la route le 11 septembre pour un atelier dans le Jura. Belle rentrée à tous.
L’écriture de Paul Le Roux
Tous les mois et bientôt deux fois par mois, des ateliers d’écriture ludique et créative sont proposés à la librairie Calligramme de Sens. Pendant la fermeture, les écrivants créent des textes à partir des livres de la librairie. C’est toujours l’occasion de découvrir des titres, des auteurs. Voici donc le poète Paul Le Roux choisi par Jacqueline en écho à son texte. Hermine, notre libraire, nous a donné envie de découvrir l’œuvre de cet auteur. Voici donc un de ses poèmes : L’écriture Vous ne pouvez pas écrire avec la griffe du chatni avec ses oreilles dressées ni avec le bruit du trainou le roulement des poubelles tôt encore le matin :c’est dommageni avec votre cœur ni avec votre nez – directementet le chat rentre ses griffes, baisse la tête, plus debruitde train ni de poubelles : un moineau aussi insaisis-sableque votre cœur chante un peu et le chat doit aimerle crissement de la plume : il ronronne. Mystèreà tenir comme un corps, comme lui dérobé.
Quand une journaliste participe à un atelier d’écriture
Merci à Estelle Levêque de l’Yonne Républicaine d’avoir participé à l’atelier d’écriture ludique et créative au parc de la Ballastière à Saint-Clément. Elle a aussi recueilli les impressions de quelques participants. Voici quelques textes de l’atelier : Aujourd’hui je me présente au nom de Noa, car c’est le petit garçon qui est venu me représenter en tant qu’amoureux de l’été. J’ai roupillé toute la journée. Cette journée est très importante car des personnes sont venues m’admirer en tant que roi de la journée. J’ai connu plein de souffrances éternelles tout au long de ma vie. Mais cette année a changé, un couple d’hirondelles s’est installé, les enfants sont venus me regarder avec ce beau ciel bleu de juillet. En tant qu’arbre de forêt, je précise au parc de la Ballastière, je suis un platane (enfin je crois), je vais profiter des derniers jours de juillet. Une barricade s’est installée, la nature est polluée… Maintenant que les grands sont partis et les petits aussi je vais me reposer avant le prochain printemps. Signé Noa (10 ans) en direct du Parc de la Ballastière L’arbre Je suis majestueux avec le vent qui fait souffler mes branches dans l’air époustouflant, au milieu du ciel bleu. En face de ma branche, voilà la Provence avec des chemins recouverts de violet épatant. Puis je pense à mon cousin le chêne qui est entrain de souffrir au milieu de la ville devant un poteau électrique. Je me suis senti faiblir lorsqu’un garçon haut comme trois pommes me dit « tu es beau toi avec tes racines lisses et ton sourire malicieux ». Je répondis « merci de m’avoir parlé ». Puis le garçon repartit. Mathis 10 ans A toi qui tient ce crayon vert, je t’adresse une promesse que m’a faite mon grand-père : « Fais confiance aux humains qui prennent le temps de s’asseoir sur ce banc : Observes-les, ressens-les et tu capteras leurs bonnes ondes ». Alors oui…à toi qui tient ce crayon vert, j’ai envie de transmettre une petite prière, Touche-moi mais ne me sacrifie pas, parle-moi mais ne m’insulte pas, joue avec moi mais ne me blesse pas, assieds-toi sur moi mais demande moi… A toi qui tient ce crayon vert, je souhaiterai te confier mon secret si cher, En me regardant de face, tu as pu remarquer notre complémentarité avec mon jumeau. De ce bel et solide ancrage, nous nous sommes scindés, non pas en 2, comme pourrait le montrer les apparences, mais en 3. A toi qui tient ce crayon vert, si tu prenais ton temps en m’observant à l’envers, En ouvrant ton regard vers quelque chose de plus grand, tu verrais ce vide immense que nous a laissé notre frère. Il n’a pas survécu aux intempéries, trop fragile, trop sensible, il s’est brisé.. A toi qui tient ce crayon vert, j’ai envie de te partager mes chimères Son absence a laissé place à un joli banc, naturel, en bois de Frêne. Je peux ainsi humer les doux parfums des humains qui viennent se lover contre mon écorce. Nous pouvons également entendre leurs plus grandes joies, comme leurs plus grandes peines. Il y a même de quoi recueillir leurs larmes au cœur de notre tronc, regarde…là ! A toi qui tient ce crayon vert, bienvenue dans ce joli parc de la Balastière, Nous pourrions tous te conter de jolies histoires, il suffit juste de prendre le temps de te poser, de flâner et de t’émouvoir. Mélanie 36 ans Elegansis arbricus – L’arbre de passage Le ciel est violet de colère. Le parc se vide peu à peu, plus rapidement qu’à l’ordinaire. Les pas se font plus pressés, bien que certains prennent encore le temps de discuter : – J’aime bien passer par là. – Moi, j’aime mieux passer par ici. Passer ! J’en ai vu passer ! Des familles joyeuses, des enfants boudeurs, des marcheurs énergiques. Des cours de yoga, des ateliers de peinture, de dessin, d’écriture aussi. Je suis celui devant lequel on passe. On ne s’arrête pas, je suis juste là, au bord du petit chemin. Je suis là et j’invite à aller plus loin. C’est dans la clairière, sous les frondaisons centenaires que vont s’isoler les amoureux. Moi, j’ai mes passants réguliers : le jeune homme de la fin de matinée, par exemple. Lui, il ne vient pas tous les jours, mais une ou deux fois par semaine. Toujours vers la même heure. Il vient s’asseoir et rêver dans une flaque de soleil. Il a toujours un livre à la main, mais il rêve tant que c’est peut être toujours le même. Il y a aussi le couple de bavards. Ou plutôt, le bavard et celle qui l’écoute. Lui parle, parle, parle encore, elle semble l’écouter, dit « oui », « ah, tu crois », quand il le faut. Mais je vois bien que son regard flotte sur l’eau, s’égare dans les roseaux. Eux, c’est plutôt en fin d’après-midi qu’ils arrivent, chaque fois du même côté et font leur tour, toujours dans le même sens. Les deux petites viennent souvent aussi. Les deux petites ! Ça fait bien longtemps qu’elles fréquentent le parc. Les premières fois, elles étaient toutes jeunettes. Elles ont bien grandi depuis, mais pour moi, elles restent « les deux petites ». Je ne sais pas ce qu’elles se racontent, elles parlent trop doucement pour que je les entende. Parfois, leurs mains s’effleurent et la tendresse s’installe. C’est ainsi que se déroulent les journées, rythmées par les visiteurs habituels et les visites impromptues. Un groupe de jeunes, agités et braillards qui finissent par se calmer, pris par la sérénité du lieu. Les mamans, venues montrer les canards aux petits. Je me prends à rêver. Et si mes passants qui passent se croisaient un jour par inadvertance. Les deux petites et le couple de bavards par exemple. Qu’adviendrait-il ? Se rencontreraient-ils, se verraient-ils ? Ou bien chacun, chacune resterait-il ou elle ancré dans son histoire ? On passe aussi devant moi pour sortir, après avoir fait le tour. Certains visiteurs, la plupart, je crois, font le tour du parc par le sentier qui s’enfonce sous la
Ecriture autobiographique avec l’Université pour Tous du Sénonais
— Nouveauté de la rentrée —Je rejoins l’équipe de @universitesenonaisepourtous avec un atelier de 13 séances sur l’écriture autobiographique. ✒?Ecrire son histoire de vie avec des propositions d’écriture glanées dans notre patrimoine littéraire et ?? bénéficier de l’énergie d’un groupe comme chambre d’écho.Renseignements et inscriptions sur le site de l’université.
